Regarder le Soleil disparaître
Le 12 août 2026, la Lune est passée directement devant le Soleil. Depuis North Hill, en Cornouailles, il ne s’agissait pas d’une éclipse totale, mais au maximum la Lune a masqué environ 95 % du Soleil, ne laissant qu’un mince croissant lumineux visible très bas au-dessus de l’horizon ouest.
Une rare éclipse en soirée
Les éclipses solaires sont rendues possibles par une coïncidence remarquable. Le Soleil est environ 400 fois plus grand que la Lune, mais il est également environ 400 fois plus éloigné. Les deux objets nous apparaissent donc presque de la même taille dans le ciel.
Lorsque la Lune passe entre la Terre et le Soleil, son disque apparent peut donc masquer une partie — et parfois la totalité — du Soleil. L’aspect exact de l’éclipse dépend de l’endroit où l’on se trouve sur Terre.
Le 12 août 2026, la bande de totalité a traversé certaines régions de l’Arctique, le Groenland, l’Islande et le nord de l’Espagne. La Cornouailles se trouvait en dehors de cette bande étroite : depuis North Hill, l’événement est donc apparu comme une éclipse solaire partielle très profonde.
Observer depuis North Hill
J’ai observé l’éclipse près de Trewortha Farm, à North Hill, en Cornouailles. Le choix du lieu était important car l’événement se produisait en soirée : au fil de l’éclipse, le Soleil descendait progressivement vers l’horizon ouest.
Le défi ne consistait donc pas seulement à photographier l’éclipse. Il fallait également trouver un site offrant une vue suffisamment dégagée vers l’ouest, afin que les collines, les arbres ou les bâtiments ne masquent pas le Soleil avant la fin du phénomène.
Pourquoi la Cornouailles était intéressante
Même si la Cornouailles se trouvait en dehors de la bande de totalité, la Lune a tout de même recouvert la majeure partie du Soleil. Au moment le plus profond de l’éclipse, le disque solaire avait alors l’aspect spectaculaire d’un croissant.
Pourquoi l’horizon était important
Le maximum de l’éclipse s’est produit alors que le Soleil était déjà assez bas dans le ciel. Le paysage environnant faisait donc partie intégrante de l’observation et permettait de photographier le Soleil éclipsé à proximité de l’horizon.
Le déroulement de l’éclipse
Une éclipse solaire n’est pas un événement instantané. La Lune se déplace lentement devant le disque apparent du Soleil : la géométrie évolue donc continuellement pendant près de deux heures.
Premier contact. Le bord de la Lune commence à empiéter sur le disque solaire. Au début, la petite encoche peut être étonnamment difficile à remarquer.
Maximum de l’éclipse depuis North Hill. Environ 95 % du Soleil est masqué par la Lune, ne laissant qu’un mince croissant lumineux.
Fin de l’éclipse. La Lune quitte finalement le disque solaire tandis que le Soleil se rapproche de l’horizon ouest.
Ces horaires sont donnés en heure d’été britannique (BST) et peuvent varier légèrement selon la position exacte de l’observateur.
Enregistrer l’éclipse avec un Seestar S50
Plutôt que de prendre une seule photographie, j’ai utilisé un Seestar S50 équipé pour l’observation solaire afin d’enregistrer l’événement sous forme de timelapse.
C’est particulièrement utile pour une éclipse, car une séquence révèle quelque chose qu’une image unique ne montre pas : le mouvement de la Lune par rapport au Soleil.
Une image
Une image unique enregistre la forme de l’éclipse à un instant précis. Elle montre quelle fraction du Soleil était masquée, mais pas comment l’événement a évolué.
Un timelapse
Une séquence d’images transforme l’observation en enregistrement d’un mouvement orbital. Image après image, le disque sombre de la Lune traverse le Soleil puis finit par le quitter.
Des photographies à la mécanique céleste
L’un des aspects que je trouve les plus intéressants dans une éclipse est que les photographies sont bien plus que de belles images. Elles constituent un enregistrement direct de la géométrie du Système solaire.
À chaque instant, l’aspect de l’éclipse est déterminé par les positions relatives de l’observateur, de la Terre, de la Lune et du Soleil. Si ces positions sont calculées avec précision, nous pouvons prévoir où la Lune doit apparaître sur le disque solaire à un moment donné.
Cela signifie que les images observées peuvent être comparées à un modèle théorique de l’éclipse. La progression de la Lune devant le Soleil devient alors une démonstration visuelle simple de la mécanique céleste.
Le mouvement apparent
Le Soleil semble se déplacer dans notre ciel parce que la Terre tourne sur elle-même. Dans le même temps, la Lune se déplace vers l’est sur son orbite autour de la Terre. L’éclipse résulte de la combinaison de ces mouvements et de notre position particulière d’observation.
Pourquoi le lieu d’observation change l’éclipse
Déplacez l’observateur ailleurs sur Terre et l’alignement change. Certains ont vu une éclipse partielle moins prononcée, tandis que ceux placés dans l’étroite bande de l’ombre centrale de la Lune ont connu la totalité.
Pourquoi l’éclipse n’était-elle pas totale en Cornouailles ?
La Lune projette une ombre dans l’espace. La partie centrale la plus sombre de cette ombre est appelée ombre (umbra).
Seuls les observateurs situés là où cette ombre étroite rencontre la Terre voient la Lune masquer complètement le Soleil. Cette région forme la bande de totalité.
North Hill se trouvait en dehors de cette bande. Nous étions en revanche dans la région beaucoup plus vaste atteinte par la pénombre de la Lune. Depuis cet emplacement, la Lune et le Soleil n’étaient pas parfaitement alignés : une petite partie de la surface solaire restait donc visible même au maximum de l’éclipse.
La lumière qui change
Une éclipse partielle profonde peut également modifier l’aspect du paysage. À mesure que la portion visible du Soleil diminue, la luminosité baisse progressivement et la qualité de la lumière peut devenir étrange.
Mais il existe une différence essentielle entre une éclipse partielle très profonde et la totalité. Même une toute petite portion non masquée de la photosphère solaire reste éblouissante.
C’est pourquoi une éclipse partielle à 95 % ne doit jamais être considérée comme « presque sans danger » à observer directement. Cela reste le Soleil.
Observer le Soleil en toute sécurité
Ne regardez jamais directement le Soleil à travers un télescope, des jumelles, un viseur optique d’appareil photo ou à l’œil nu, sauf si vous utilisez un équipement spécialement conçu et certifié pour l’observation solaire en toute sécurité.
Pour l’observation avec le Seestar S50, le filtre solaire adapté doit être solidement installé avant de pointer le télescope vers le Soleil.
Pour l’observation visuelle, utilisez de véritables lunettes d’éclipse conformes aux normes de sécurité adaptées à l’observation solaire. Les lunettes de soleil classiques, les filtres photographiques, le verre fumé et les solutions improvisées ne constituent pas des alternatives sûres.
Pourquoi enregistrer une éclipse ?
Pour moi, c’est là que l’astronomie devient particulièrement passionnante. On peut commencer par quelque chose de spectaculaire — regarder le Soleil se transformer lentement en croissant — puis utiliser les mêmes observations pour explorer la physique et la géométrie qui se cachent derrière le phénomène.
Un timelapse permet de suivre le mouvement relatif de la Lune. Les horodatages permettent de comparer les observations aux prédictions. La position du Soleil relie l’événement à notre position sur Terre. Et la forme de l’éclipse nous indique où nous nous trouvions par rapport à l’ombre de la Lune.
Autrement dit, la photographie devient une donnée.
C’est précisément l’idée du Laboratoire d’astronomie : ne pas simplement photographier le ciel, mais découvrir ce que nous pouvons mesurer, tester et comprendre à partir de nos propres observations.
Observez vous-même le Soleil
Le Soleil est une étoile dynamique que l’on peut explorer en toute sécurité avec le bon équipement. Dans une masterclass solaire Show Me The Sky, nous pouvons aborder l’observation du Soleil, les taches solaires, sa rotation et la géométrie d’événements comme les éclipses.
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