Comment mesurer la rotation du Soleil grâce aux taches solaires
Les taches solaires se déplacent sur le disque visible du Soleil à mesure que celui-ci tourne. En suivant la même région active à plusieurs jours d’intervalle, une série d’images solaires peut devenir une mesure simple de la rotation du Soleil.
Oui — vous pouvez mesurer vous-même la rotation du Soleil. Suivez la même tache solaire pendant plusieurs jours, mesurez son déplacement en longitude et utilisez ce mouvement angulaire pour estimer une période de rotation.
L’idée
Le Soleil ne reste pas immobile sous les structures visibles de sa surface. Il tourne, entraînant les taches solaires et les régions actives à travers le disque solaire. Si la même tache peut être reconnue sur des observations espacées de plusieurs jours, son déplacement devient un traceur naturel de cette rotation.
Cette expérience astronomique est particulièrement satisfaisante car la rotation n’est pas seulement un phénomène que l’on lit dans un livre : nous pouvons la voir se produire sur nos propres images.
Une observation réelle : région active 3792
J’ai photographié le Soleil le 20 août 2024 puis à nouveau trois jours plus tard, le 23 août 2024. La même région active — AR 3792 — peut être suivie tandis qu’elle se déplace sur le disque solaire.
Sa latitude a très peu changé, tandis que la longitude indiquée est passée de 20° est à 21° ouest. Le déplacement longitudinal simple entre ces deux valeurs est donc d’environ 41° en trois jours.
Calculer la période de rotation
Si un déplacement de 41° prend trois jours, on peut estimer le temps nécessaire à ce même taux de mouvement angulaire pour parcourir une rotation complète de 360°.
Notre estimation de 26,3 jours se situe dans la plage attendue pour la rotation solaire et est particulièrement encourageante puisqu’elle repose seulement sur deux observations séparées de trois jours.
Pourquoi le Soleil n’a-t-il pas une seule période de rotation ?
Le Soleil n’est pas un corps solide rigide. Une grande partie est constituée de plasma et les différentes latitudes solaires tournent à des vitesses différentes. Ce phénomène est appelé rotation différentielle. Les régions proches de l’équateur tournent plus vite que celles situées à des latitudes plus élevées.
Rotation différentielle
Une tache proche de l’équateur solaire ne donnera pas nécessairement exactement la même période de rotation qu’une région active située beaucoup plus au nord ou au sud. AR 3792 se trouvait vers 17–18° sud : sa latitude compte donc dans l’interprétation du résultat.
Le Soleil n’est pas une sphère solide
Sur un corps rigide, toutes les latitudes accompliraient une rotation ensemble. Le Soleil se comporte différemment : ses régions équatoriales et celles de plus haute latitude tournent à des vitesses angulaires différentes.
Rotation solaire synodique et sidérale
Il existe une autre subtilité. Pendant que nous observons la rotation du Soleil, la Terre elle-même se déplace autour de celui-ci. La période déduite de la vue changeante depuis la Terre n’est donc pas exactement la même que la période de rotation du Soleil par rapport aux étoiles lointaines.
Rotation synodique
Cela décrit la rotation solaire apparente vue depuis la Terre en mouvement. Une référence courante est la rotation de Carrington, d’environ 27.2753 days dans le référentiel synodique.
Rotation sidérale
Cela mesure la rotation par rapport aux étoiles lointaines plutôt que par rapport à la Terre en mouvement. La période de rotation sidérale de Carrington est d’environ 25.38 days.
Il vaut mieux considérer cette valeur comme une estimation observationnelle simple sur une courte durée, dérivée du changement de longitude indiqué pour une seule région active. Une détermination plus rigoureuse tiendrait explicitement compte du système de coordonnées, du mouvement orbital de la Terre, de l’incertitude de mesure et de la rotation différentielle du Soleil.
Pour aller plus loin : NASA — Le Soleil · NOAA — Space Weather Prediction Center
Comment reproduire vous-même l’expérience
L’expérience devient beaucoup plus robuste lorsque les observations sont réalisées de manière systématique. Un télescope intelligent comme le Seestar S50, utilisé dans sa configuration d’observation solaire sécurisée, facilite particulièrement les prises de vue répétées.
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Observez le Soleil en toute sécurité.
Utilisez un équipement adapté à l’observation solaire et obtenez une image nette montrant des taches solaires identifiables. -
Choisissez une région active caractéristique.
Sélectionnez une tache ou un groupe qui pourra être reconnu de manière fiable les jours suivants. -
Répétez l’observation.
Photographiez à nouveau le Soleil après un ou plusieurs jours en conservant une méthode aussi constante que possible. -
Identifiez la même région.
Comparez les images et déterminez comment sa longitude solaire a changé. -
Calculez la vitesse angulaire.
Divisez le changement de longitude mesuré par le temps écoulé afin d’obtenir des degrés par jour. -
Estimez la période.
Divisez 360° par la vitesse angulaire mesurée.
Vous pouvez en apprendre davantage sur le télescope et d’autres expériences quantitatives d’observation sur la page des expériences astronomiques avec le Seestar S50.
Améliorer la précision de l’expérience
Deux observations suffisent pour démontrer le principe, mais une meilleure expérience utiliserait plusieurs observations sur environ une semaine. Au lieu de calculer la période à partir d’une seule paire de positions, relevez la longitude de la région active à chaque observation.
Tracez la longitude en fonction du temps. La pente de la droite d’ajustement fournit une vitesse angulaire en degrés par jour. La période de rotation correspondante peut alors être estimée à partir de :
Répétez l’expérience avec des taches situées à différentes latitudes solaires et il devient possible d’étudier rotation différentielle directement plutôt que de mesurer simplement une seule période de rotation.
De l’astrophotographie à la mesure
La partie la plus intéressante de cet exercice n’est pas la valeur exacte obtenue à partir d’une paire d’images. C’est le fait qu’une observation solaire ordinaire puisse devenir une expérience d’astronomie quantitative.
Une séquence d’images nous permet de voir une étoile tourner, de calculer une vitesse angulaire et d’examiner pourquoi le résultat dépend de la latitude et de la manière dont la période de rotation est définie.
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